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Damnée frustration [pv Dante]

 
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Opalyov Lyöne
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MessagePosté le: Lun 25 Aoû - 03:00:53 (2014)    Sujet du message: Damnée frustration [pv Dante] Répondre en citant

    Citation:
    Je sentis ce jour-là que quelque chose d'étrange allait arriver. Du moment où je me préparais pour rejoindre le temple, au moment où je croisais son regard, je savais que l'avenir en serait altéré. Rares sont les personnes qui déclenchent de telles choses en moi. Sur la foule qui défile chaque jour devant mon siège, il n'y en a qu'un ou deux par mois, quelque fois pas années et parfois plus encore, qui accrochent mon regard de leur présence. Je suis l'Oracle des dieux et je sens l'attention qu'ils portant à certains d'entre eux. Ce ne sont pas des dons qu'ils leur accordent, mais leur attention. Ce sont leurs préférés, les destins qu'ils suivent de près et c'est leur marque que je sens.

    Celui-ci, était l'un d'entre eux.


    Le temple était calme car la journée touchait bientôt à sa fin. Le soleil couchant se brisait sur le Cristal en gerbes de couleurs délicates. Des pétales d'une fleur illusoire; reflets de violettes, de lavandes et de roses que l'Oracle ne voyait plus depuis longtemps. Cette beauté coutumière n'était que fadeur pour son regard dur comme la pierre. A force de siéger en silence en face du divin cristal, elle en avait prit la dureté et la froideur. Il fallait bien cela pour qu'on puisse la distinguer des rangées de statues, toutes plus belles les unes que les autres, sagement alignées le long des murs, figures divines que sa propre beauté surpassait.

    Elle était l'Oracle. Elue des dieux à l'instar de l'Impératrice, gardienne du joyau de la prophétie et à ce titre, elle se devait d'être la créature la plus divine de ce temple. Sa peau laiteuse s'ombrait d'or pour mieux réhausser l'éclat de ses prunelles d'argent. Deux éclats de lune posés sur son visage d'elfe. Son corps était couvert d'une robe empire aux couleurs pâles entre bleu et vert tandis qu'elle portait les cheveux relevés et piqués de perles de nacre dont la blancheur n'égalait pas sa chevelure.
    Plus fraîche que toutes les pierres du temple, la lumière du soir où elle baignait ne suffisait pas à réchauffer l'éclat polaire de son être. Sa froideur repoussait l'engourdissement dans lequel les statues sombraient, languissantes silhouettes qui se perdaient dans leur immobilité.

    Ce soir-là, Opalyov brûlait pourtant d'un feu intérieur qui aurait suffi à consumer tous les prêtres de la ville. Tenue de conserver un détachement inhumain pour ne rien gâcher des efforts faramineux que lui demandaient son aura d'Oracle, elle forçait son corps à ne pas suivre la houle qui attisait ses flammes mentales.
    La journée s'était révélée être un fiasco total. De son levé -seule- hors de son lit froid -puisqu'elle avait passé la nuit seule- à son petit-déjeuner -seule- puis à sa préparation -seule- jusqu'à sa monotone matinée -seule!- de garde au temple, en passant par son déjeuner avec l'Impératrice -autant dire seule!- au moment présent -où elle était encore immensément seule!- tout, absolument tout, avait été d'un ennui total. Mais pas l'ennui habituel à ce genre de journée interminable. Non ! Cette fois-ci, elle avait passé la journée avec la certitude qu'il se passerait quelque chose d'intéressant et au bout du compte quoi ? Seulement cette foutue solitude ! C'en était trop.

    Elle avait passé la journée à l'affût, guettant le moindre signe divin, la plus petite once de vision, le plus infime soupçon de surprise, le plus microscopique grain d'événement et rien. Rien ! Absolument rien ! Tout s'était déroulé comme toujours. Résultat ?
    Frustrée et au bord de la crise de nerfs, la dame de pierre en était réduite à attendre que son supplice prenne fin, que cette sensation étrange décide de la quitter et la laisser enfin en paix...

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De sa bouche s'élève les paroles sacrées. Dans ses yeux se délivrent le message des cieux. Avec ses mains, elle leur rend leur bien. Me juge-t-elle digne de voir ses prodiges ?
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MessagePosté le: Lun 25 Aoû - 03:00:53 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Dante
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MessagePosté le: Lun 8 Sep - 02:05:44 (2014)    Sujet du message: Damnée frustration [pv Dante] Répondre en citant

Le soleil déclinait dans les cieux capricieux. Une pluie battante martelait l'ombre aux pas lestes, il n'était qu'un simple murmure dans ce dédales de rues grises. Dante courait sans hâte, comme si la course fut sa cadence naturelle, aucun effort ne se lisait sur son visage sinon une morosité effroyable. Cela ne faisait que quelques jours qu'il avait rejoint ce monde inconnu et coloré. Ces gouttes qui fouettaient ses chairs, cette froide brise qui traversait ses os, la faible lumière transperçant les nuages, tout cela contribuait à lui donner l'illusion d'être humain. Néanmoins l'âme de Dante fut forgée et dans le sang et dans l'acier et d'humain il n'avait que l'apparence. Pourtant un subtil changement s'était opéré car dans ces yeux infiniment désolés ayant observé des siècles de souffrances naquit un sentiment nouveau. Fuyant le supplice de la pluie, le démon à la chevelure d'albâtre pénétra par hasard dans l'enceinte d'émeraude. Subjugué par la beauté des lieux, il ne parvint à décrocher son regard des nombreuses fresques malgré l'inconfort. Les enseignes boisées, peintes avec habilité et charme, les boutiques aux vitres irisantes, aux devantures où hommes nus finement travaillés – prémices de l'art humain, et magnifiques arabesques d'inspiration elfique se disputaient les éloges des amateurs de sculpture. L'enceinte était une sorte de paradis perdu, une cité insulaire entourée des misérables rochers que constituaient le reste de la ville. Un établissement en particulier attira le nouvel arrivant en Mirlendif, vous vous en doutez bien. Il se rendit sans plus tarder au Sivora.

Le guerrier ouvrit la porte et pénétra non sans difficulté à travers l'étroite embrasure. Une odeur particulière chatouilla ses narines. Les différentes senteurs se mélangeaient pour n'en former qu'une seule aux nuances multiples. Dante dépensa le peu d'or, difficilement acquis, qu'il avait obtenu par un concours de circonstances lors de son arrivée et ce afin de se fournir en herbe à pipe. De sa poche il extirpa une longue pipe taillée dans un bois noble aux reflets cuivrés, veiné de fils d'argent qui formaient des scènes au sens ésotérique. Il tassa le tabac à l'aide d'un outil finement ouvragé puis une fois qu'il fut bien installé au fond de la salle, il entreprit de découvrir les herbes de ce monde. Car dans l'Outre-Terre il existait des herbes à fumer mais elles amélioraient l'acuité des guerriers, leur conféraient force et lucidité en plus d'aiguiser leur instincts meurtriers. Dante n'était pas pleinement préparé à l'expérience qu'il allait vivre. Tandis qu'un nuage de nacre se formait, que les effluves herbeuses embaumaient l'air, le mercenaire mit un pied dans le royaume des songes. Happé par des puissances obscures, il voyagea mollement à travers les mondes sous une forme éthérée. Les chaises rustiques laissèrent place à d'imposants meubles métalliques au parquet on substitua un sol de fer brillant, les murs s'élargirent et prirent l'aspect de l'acier trempé. Au milieu de cette pièce sinistre se tenait une forme inquiétante, ses yeux rougis par la folie, sa peau écailleuse, ses longues griffes et ses cornes de démon glaçaient le sang. La créature ténébreuse marcha jusqu'à la seule ouverture, une fenêtre qui donnait sur l'extérieur. Il contempla alors ce monde. Un océan d'amertume s'étendait sans fin, une terre si ravagée par des guerres séculaires qu'aucune guérison ne lui serait possible. Une voix aussi froide et métallique que les murs s'éleva :

- Mirdautas Vras prononça-t-il dans un horrible langage.

Il était le maître, le conquérant, ne craignant ni la mort ni la soumission, ce démon ne vivait plus que pour les joies du combat. Pourtant, les lois de l'acier demeurèrent éternelles dans son cœur. Le pouvoir ne l'avait pas aveuglé, sa confiance se plaçait uniquement en Chante-Guerre, sa fidèle lame. Car il est des hommes en ce monde pour qui l'acier est plus précieux que les joyaux et l'or. Il vit alors sa silhouette, sombre tache rougeâtre à bord d'un char tiré par des destriers infernaux, bardée de fer et d'acier. Sa bannière flottait librement et plusieurs hommes étaient prêt à mourir à la gloire de son étendard. Il était l'étoile du chaos, riante, semant la désolation sur le champ de bataille. Le démon exécutait une danse hypnotique et gracieuse, une danse macabre. Et alors qu'elle riait, la flamme rouge qui danse sur le tertre de ses ennemis, un écho vint briser ses chimères.

- Victoires et défaites ne te préoccupent pas, seul le combat t'intéresse. Tu y vois une certaine forme d'art, de beauté, une manière personnelle d'exalter une éternité de solitude. Ce monde n'est pas fait pour toi, tu dois embraser ta vie et accepter ton destin : rend toi par delà le Voile et rallie la Dimran. Là tu auras la chance de les apercevoir, les jardins luxuriants, les fleuves cristallins, les cieux inondés d'une chaude lumière.

Lorsque les paupières du guerrier se levèrent, un éclat impie se mit à étinceler au creux de ses prunelles. Dante avait voyagé jusqu'à ce monde l'arme au poing dans l'unique but de fouler de ses bottes maculées de sang une terre promise, un lieu où son âme pourrait connaître l'absolution dans la gloire de ses hauts-faits ou dans l'oubli d'une paisible vie. Tournant lentement la tête à droite, à gauche, le démon constata qu'il se trouvait aux abords du temple, adossé contre l'une des larges colonnes qui soutenaient l'édifice. Rangeant consciencieusement sa pipe, Dante se leva dans un cliquetis d'armes peu discret. Il entreprit de pénétrer dans le temple puis, une fois la chose faite, il se mit à arpenter les sombres couloirs. Statues et idoles se bousculaient, il reconnut plusieurs divinités bien qu'aucune ne soit foncièrement vénérée là d'où il venait. Chante-Guerre faisait partie des rares choses en lesquelles il avait foi. Bien que le temple semblait libre d'accès aux fidèles, vu son statut de mécréant et la relative crainte que pouvait inspirer un colosse par une nuit aussi noire, Dante se déplaça à la manière d'une panthère. Doué d'une grâce féline, ce corps étant bien plus «léger » que le fut son ancienne enveloppe charnelle, si bien que le guerrier avançait dans l'ombre, le murmure du vent et la froide lune pour seuls alliés. Tandis que sa visite du bâtiment se poursuivait, il bifurqua subitement pour éviter un banc de prêtre en aubes. Le long corridor qu'il traversait menait à plusieurs pièces. L'une d'entre elles attira son attention. Au centre de cette dernière se trouvait une énorme gemme et, joyaux parmi les joyaux, une femme au teint diaphane en robe.

Sa peau était aussi pure que la neige, aussi précieuse que le diamant. Elle scintillait à la lueur vacillante des bougies qui sublimait ses traits ornés d'or et de perles. Sa soyeuse crinière était de fils d'argent, tissée par des mains divines. Attiré tel un papillon de nuit par de chaudes flammes, le guerrier s'avança. Les bruits de ses pas profanèrent le silence religieux de la prêtresse. Elle se tourna immédiatement vers lui et leurs regards se croisèrent. Un sentiment étrange parcouru l'esprit du guerrier. Cela ne dura qu'une fraction de seconde. Puis le démon reprit le dessus sur l'homme. Un sourire mauvais prit place sur son visage. Dans une révérence artificielle mais élégante, Dante prit la parole de sa voix au dérangeant timbre métallique :

- Je ne crois pas que les dieux aient un quelconque intérêt pour la Dimran, ma Dame. Et pourtant, seuls les fous le nieraient après avoir vu l'une de leur plus belles œuvres de chair et d'os.

Ses yeux brillaient de cette malice propre aux enfants espiègles. Tandis qu'il se redressait, il sentit une frisson lui parcourir le dos. Chante-Guerre s'agitait, gémissant fébrilement, affamée et trop heureuse de voir une proie sans défense se présenter. Dante évalua rapidement la situation. Elle n'avait rien d'une combattante, la tuer simplement pour nourrir sa lame runique serait un déshonneur pour l'homme d'épée et sorcier. Néanmoins, une puissante aura émanait de tous les pores de sa peau. Il ne pouvait nier son indéniable pouvoir, un pouvoir qu'elle détenait sur l'esprit des fidèles, celui de l'Oracle. Le démon ne voyait dans les prophéties et visions que des récits de charlatans, tout juste bon à le distraire lorsqu'ils ne l’assomment pas purement et simplement. Il détenait sa destinée fermement entre ses doigts, la martelant dans les forges de sa propre fatalité, forgeant sa légende dans le sang et l'honneur. Il exerça une pression mentale suffisante pour que l'arme démoniaque, déçue, abandonne ses désirs macabres. Dante s'aperçut que les présentations n'avaient pas été faites, il s'empressa alors de dévoiler son identité. C'est alors qu'il se rendit compte que son identité était bien plus complexe qu'autrefois. Il n'était plus Dhaoneth, le maître incontesté des démons ou encore le Seigneur des Épées. S'il désirait revendiquer ces titres, il allait devoir les mériter une nouvelle fois. En revanche, une certitude demeurait :

- Dante est mon nom dit-il de sa sombre voix semblable à l'acier glacial. Vous devez être l'Oracle.

Simple question rhétorique. Il espérait en apprendre plus sur elle. S'il ne le trahissait pas dans ses paroles, ses yeux pétillaient d'une curiosité teintée de perplexité face à l'inconnue. Il s'adossa alors dans un coin de la salle et décida de remettre de l'herbe de feu dans sa pipe. Rapidement, une épaisse fumée nacrée s'éleva. Les cercles grisâtres se succédaient devant le regard vague de Dante qui oscillait entre les deux joyaux au centre de la salle.
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Opalyov Lyöne
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MessagePosté le: Ven 12 Sep - 14:26:14 (2014)    Sujet du message: Damnée frustration [pv Dante] Répondre en citant

    La frustration ne cessait de tarauder la dame de pierre. Où que son regard portait, elle ne distinguait que mornes statues et minéraux dont elle connaissait les moindres aspérités, les moindres défauts. Personne du temple n'osait la déranger dans ce que les prêtres prenaient pour une profonde méditation. L'Oracle ne méditait jamais. Cela ne servait à rien. Elle n'avait pas besoin de libérer son corps de toxines comme un guerrier après son entraînement quotidien, pas plus qu'elle n'avait besoin de recentrer son énergie intérieure pour mieux utiliser sa magie. Les Dieux seuls décidaient de ce qu'elle devait savoir. S'ils avaient souhaité une plus pieuse réceptacle, ils ne l'auraient pas choisie, elle, la pauvre petite elfe élémentaire dépourvue des dons magiques de son peuple et mauvaise élève.

    La frustration devint bientôt colère. Les murmures dans les couloirs lui donnait des envies meurtrières alors que son alcôve restait désespérément vide de vision et de compagnie. Et cette sensation qui persistait à la faire patienter ! Tout bonnement insupportable. Et puis, lasse de lutter et d'attendre, elle ferma les yeux pour écouter le silence. Il pleuvait dehors et cette pluie devait animer son paysage de pierres de milles reflets ondoyant. L'eau du ciel avait ce don de faire danser les statues du temple. Opalyov aimait alors les contempler, les imaginer quitter leur socle massif pour former une formidable ronde sous ses yeux. Les pierres danseraient pour elle qui était leur souveraine. Elles rendraient grâce à sa beauté comme à sa diabolique intelligence pour la distraire.

    La nuit tombait sur les rêveries de la jeune femme. Devait-elle attendre encore ? Devrait-elle passer la nuit sur son trône froid et dur ? Le temple était en train de se vider. Les prêtres ne parlaient plus que par murmures qui se perdaient dans le bruit de la pluie. leurs pas les menaient vers les dortoirs où ils feraient une dernière prière avant de sombrer dans le sommeil. Le calme serait bientôt le seul compagnon de l'Oracle que la torpeur commençait aussi à gagner. Bercée par la pluie battante, couverte d'un tendre duvet de pénombre, son corps s'alanguissait paisiblement sur l'inconfortable siège.

    Ploc. Ploc. Ploc.

    Elle ouvrit les yeux et se redressa.
    Quelqu'un pénétrait bruyamment dans le temple et s'approchait. Opalyov ne pouvait pas encore voir la silhouette de celui qui venait enfin répondre à ses attentes, mettre fin à son calvaire de la journée mais cela ne l'empêchait pas de percer du regard l'entrée que l'inconnu emprunterait dans les minutes à suivre.

    - Je ne crois pas que les dieux aient un quelconque intérêt pour la Dimran, ma Dame. Et pourtant, seuls les fous le nieraient après avoir vu l'une de leur plus belles œuvres de chair et d'os.

    Quoi ? C'était pour ce genre de réflexion qu'elle avait attendu avec tant d'ardeur ?! L'Oracle se crispa légèrement sur son siège en toisant l'impertinent qui lui faisait désormais face. Trempé jusqu'à l'os, sa belle stature était réduite à celle d'un chien mouillé. Et pour le plus grand déplaisir de l'Oracle, l'odeur qui l'accompagnait n'avait rien à envier aux sales cabots des bas fonds. Opium. Les fortes fumées de la drogue qu'il venait de consommer parvenaient nettement au nez de la religieuse dont le visage peinait à conserver sa lisse indifférence.

    Elle était en colère. En colère pour avoir attendu un homme dont les sens étaient perturbés par la drogue. Comment osait-il se présenter ainsi devant elle ? Un tel affront ne serait pas pardonné de sitôt. D'autant plus que malgré son état lamentable, Opalyov ne pouvait nier l'aura qu'il dégageait. Dante, puisqu'il se présenta comme tel, n'avait rien d'humain et l'arme qui ceignait son dos n'était pas qu'un simple objet. Il payerait cher pour avoir gâché le plaisir de l'Oracle.

    ~ Dommage que votre perspicacité se soit arrêtée à mon identité, coula-t-elle en se levant.

    Sa voix délicate se mariait à merveille aux bruissements de sa robe et renforçait le tranchant de son regard et de son geste. Car après s'être levée, l'Oracle descendit de son piédestal pour se saisir de la pipe que le bougre avait osé allumer. D'un regard acéré, elle prévint le démon qu'aucune résistance ne serait tolérée, quand bien même il la dépassait largement en taille et en force.

    ~ Il est interdit de s'enivrer en ces lieux, sachez-le.

    Le regard de la jeune femme quitta les prunelles de Dante pour se poser sur la pipe fumante qu'elle amena à ses lèvres. Elle prit une bouffée avant de renverser les herbes au sol et de les fouler du pieds pour les éteindre.

    ~ Encore plus quand il s'agit d'opium d'une si mauvaise qualité. Soyez plus prudent la prochaine fois que vous mettez les pieds au Sivora... Dante.

    Ce nom avait un goût de cendre dans sa bouche. Songeuse, le regard vague pendant quelques instants, l'Oracle tentait d'en analyser la saveur. Et sans sommation, elle colla la pipe vide contre la poitrine du démon alors qu'elle se détournait déjà pour regagner d'un pas tranquille son siège.

    Ce contact confirma ce qu'elle savait déjà : il n'avait rien d'humain. L'attente avait donc fini par payer, malgré les déconvenues qui accompagnaient sa récompense. Perdre du temps en allant fumer et la faire attendre... Grossier personnage qui jouait avec son destin. Se mettre en retard à un entretien avec la deuxième femme la plus importante du royaume était bien là un culot d'homme. Mais l'Oracle saurait se venger et jouer elle aussi.

    ~ Puis-je savoir ce qui vous amène ici ? Vous n'êtes ni croyant, ni repenti, ni même de cette terre, n'est-ce pas ? Alors que venez-vous chercher auprès de l'Oracle de ce monde ?

    Un sourire dansait sur ses lèvres que le démon ne pouvait voir. La puissance qu'elle seule possédait la grisait davantage quand elle lui permettait d'avoir le dessus sur des êtres comme ce Dante. Cet étranger pouvait se battre contre son destin autant qu'il le désirait, jamais il ne pourrait y échapper. Aussi, il ne pourrait pas plus échapper au regard de l'Oracle, car dans ce monde, le destin, c'était sa voix.

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De sa bouche s'élève les paroles sacrées. Dans ses yeux se délivrent le message des cieux. Avec ses mains, elle leur rend leur bien. Me juge-t-elle digne de voir ses prodiges ?
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Dante
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MessagePosté le: Jeu 18 Sep - 18:41:30 (2014)    Sujet du message: Damnée frustration [pv Dante] Répondre en citant

Ce regard, le démon l'avait depuis longtemps oublié. Rares furent ceux qui le toisèrent à travers les Cercles, aucun ne le fit durant son règne de terreur. Loin d'être contrarié, Dante semblait amusé par tant de spontanéité de la part de ce qui pouvait s'apparenter à une statue lisse et pure. Une colère muette poignait le cœur de l'Oracle, sujette à un grand désarroi après la vue du guerrier à la chevelure d'albâtre. Cette brute rustre, cette canaille aux mains ensanglantées et à la lame avide de haine, elle avait posé ses bottes maculées d'une terre sinistre sur un sol consacré, souillant de ses impuretés un lieu de culte. Telle est la vision que les fidèles pouvaient avoir de lui. Peut-être qu'elle même ne voyait pas au-delà de cela. Le démon haussa un sourcil lorsque l'Oracle le réprimanda, fumer étant interdit dans ces lieux. Il se demandait pour quelles raisons une telle interdiction existait et quelle punition l'attendrait. Les dieux allaient-ils abattre leur courroux dévastateur sur lui ? Ou cette bonne femme comptait le massacrer au moyen de sa verve cinglante ? Dante resta adossé contre le marbre froid, las de tant de questions, ce corps si faible montrait déjà ses faiblesses de par sa capacité de concentration si limitée. Le guerrier ne fit pas attention au geste de l'Oracle, cette dernière venait de jeter le fruit des maigres économies du démon sur le sol. Ses yeux céruléens étaient vides, mornes, sans âme à refléter. Une fois encore son esprit s'aventurait dans des lieux vierges du regard des Hommes. Le martellement des soldats et des sabots qui tonnent sous la pluie battante, les cris victorieux, les râles d'agonies, le sifflement des flèches, le crépitement des flammes bleues. La sueur et le sang qui se mêlaient, les odeurs putrides de la mort et de la peur. Une voix puissante, à la fois profonde et féminine, résonna dans sa tête, «Quitter ce monde qui est tien ? Soit, tant que tu honores notre pacte. » puis une autre voix, plus claire, le tira de ses pensées.

Il s'agissait de l'Oracle qui venait de lui rendre sa pipe. Il la rangea calmement dans l'une de ses innombrables poches tout en fixant de ses yeux surnaturels cette femme au teint livide. Elle lui demanda de faire plus attention en matière d'opium, ce qui tira un mince sourire au guerrier pour qui cette herbe bon marché était bien meilleure que n'importe laquelle des herbes de sa terre. Ce n'est qu'à partir de ce moment que les véritables enjeux de cette rencontre se révélèrent. Le démon ne chercha pas à savoir comment elle avait deviné ses origines démoniaques. Le fait qu'elle possède de grands pouvoirs était indéniable, qu'elle prétende lire son avenir l'amusait grandement. Dante, feignant la morosité tandis que l'intérêt croissait au fond de son cœur, parla d'une voix fade où germait un soupçon de sarcasme :

- Dans votre grande sagacité, vous êtes parvenue à découvrir que je ne provenais pas de votre monde. Ne pouvez-vous donc pas entrevoir les raisons de ma venue dans ce temple ?

Il ne lui laissa pas le temps de répondre, brisant la distance qui les séparait d'un seul mouvement gracieux. Le dos droit, ses cheveux laiteux couvraient une partie de ses prunelles inquiétantes sans les masquer, Dante fit vibrer sa voix métallique :

- J'étais simplement perdu.

Le guerrier recula alors et se tourna, débutant une marche lente pour inspecter la pièce sans pour autant couper court à la conversation. Chante-guerre brillait dans la demie obscurité, son ombre dansait dans la lumière des cierges, son acier rutilant envoûtait l'âme des mortels. Le regard de Dante allait d'une statue à une autre, sans particulière préférence. Il s'arrêta un instant sur la divinité affiliée à la guerre. Munies de ses nombreuses lames, épées ou haches, il avait l'allure d'un guerrier émérite mais pas assez pour impressionner le démon. Une étrange idée traversa l'esprit de Dante. Quel effet cela doit faire d'affronter un dieu … murmura-t-il. Un sourire mauvais défigura son visage, l'hybris ne cessait de ronger son cœur depuis sa naissance. Sa pensée s'évanouit tout aussi vite qu'elle était apparue et, un pli narquois aux lèvres, il se retourna dans la direction de l'Oracle :

- Aucune fatalité inéluctable, aucun prodigieux destin, aucune divine providence ne m'ont conduit jusqu'à vous. De la sorcellerie, une pincée d'opium et un peu de marche ont suffi à notre rencontre. Oh, bien sûr que je crois à l'existence des dieux, ajouta-il avant que son visage ne s'assombrisse et que ses lèvres ne blasphèment à nouveau, mais je ne les crains pas plus que je ne les respecte car il n'y a rien entre le royaume des dieux et les entrailles de la Dimran que Chante-guerre ne puisse trancher !

Un défi adressé aussi bien aux dieux qu'aux mortels. En prononçant ces mots, il fit jaillir de son dos Chante-guerre qui poussa un ululement lugubre, la lame scintillante semblait palpiter dans la main de Dante, mue par une volonté meurtrière sans commune mesure. Des ondes malveillantes émanaient de l'arme comme des miasmes qui se propageraient dans l'antichambre des dieux. Dante tenait fermement sa lame, pointe vers les cieux, dans une posture guerrière rappelant son ancienne apparence dont l'Oracle pouvait voir les réminiscences. Une créature terrifiante, à l'aspect écailleux, aux yeux rougis de sang, dont les grands appendices se déployaient de part et d'autres de son dos puissant. Un monarque ténébreux à la voix glaciale, funèbre mais fascinante :


- J'étais le sinistre Seigneur des Cercles obscurs, impitoyable et indomptable, je me dressais au cœur de la bataille là où tous s'effondraient ! J'ai régné par le feu et par le sang ! J'ai arraché les femmes à leurs époux, les enfants à leurs mères ! La terreur fut ma meilleure arme. La mort, ma plus fidèle compagne. Féroce était ma haine, féroce était ma lame hurla-t-il dans un souffle rauque.

Un voile sembla obscurcir les cieux, la lune et ses étoiles furent masquées. La voix du démon était puissante. Il parut grandir et son ombre emplit bientôt la pièce, occultant de la vue les statues divines. L'air vibra, tout ceci s'estompa comme s'il s'était agi d'un mauvais rêve, laissant une amertume désagréable derrière soi. Le guerrier se tenait droit, le visage empreint d'une vacuité mélancolique. Il avait laissé derrière lui bien plus qu'il ne l'imaginait. On aurait pu entrevoir de la tristesse en lui si une étincelle ne brillait pas au fond de ses yeux. Dante rangea sa lame et sa voix reprit son timbre habituel :

- Je suis un vagabond mais les vagabonds ont parfois une destination. Je marche sur la Voie de l’Épée. Vous ne pouvez me donner ce que je recherche, Oracle.

Sa voix avait l'aspect de l'acier froid, inflexible et tranchant. Il songea alors à ce qu'il pourrait advenir de lui dans ce monde. Conquêtes et gloires éphémères ne l'intéressaient pas. Le démon souhaitait parcourir ce vaste monde, l'explorer, parvenir à étancher sa soif d'aventures et purger ses passions belliques. Ses rêves ne pouvaient succomber au tranchant d'une lame, il le savait. Sur son visage sévère, une expression nouvelle se dessina. Ses traits s'adoucirent et on pouvait y lire une certaine sympathie. C'est ainsi qu'il s'exprima à l'Oracle :

- Vous savez maintenant qui je suis. Mais je ne connais ni votre nom, ni vos aspirations. Il n'y a donc rien qui puisse satisfaire une femme enchaînée dans une si belle cage dorée ? Le frisson de l'aventure, sentir l'aquilon parcourir votre peau, monter un cheval véloce et s'abandonner à son désir. Que recherchez vous ? Je pourrais peut-être vous l'offrir.

Il ne la quittait plus de ses yeux intrigants. Ses prunelles étaient deux abîmes et, si elle se risquait à les contempler, alors elle s'enfoncerait dans les profondeurs insondables de son âme, là où la mysticité se joignait à l'onirisme pour créer un univers de fantasmes. Les pactes avec des démons étaient bien souvent peu profitables pour les mortels mais il y avait une grande sincérité dans les paroles de Dante.
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Opalyov Lyöne
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MessagePosté le: Lun 29 Sep - 18:07:57 (2014)    Sujet du message: Damnée frustration [pv Dante] Répondre en citant

    Depuis qu'elle avait regagné son trône inconfortable, l'Oracle observait comme une spectatrice sur son balcon le jeu de Dante et la scène qu'il lui présentait. Sans un mot, elle le laissa s'approcher et ne détourna pas le regard lorsqu'il gravit la première marche des petits escaliers pour placer leurs visages à la même hauteur. Sans un mot non plus, elle l'écouta remettre en question ses talents divinatoires à travers une vulgaire provocation. Un sourire éclaira son visage de marbre quand il la défia en donnant la réponse qui semblait évidente. Il s'était perdu.

    Cette réponse avait de quoi amusée Opalyov. Se perdre, arpenter les rues et laisser ses pas le guider. Quelle plus belle expression du destin que le hasard ? Mais cela ne servait à rien de le lui expliquer, car comme bon nombre de guerriers de valeur, il avait une trop haute estime de ses capacités pour accepter d'être guidé par une quelconque force divine. L'Oracle, elle, savait bien qu'il n'y avait aucun véritable hasard dans cette rencontre. Et les paroles hérétiques que Dante formula ne purent que confirmer sa thèse.

    Le regard de la jeune femme s'anima en même temps que la lame du démon. Sans le savoir, il venait d'ouvrir une porte dangereuse qui pourrait tout aussi bien le mener vers une gloire éternelle que l'oubli et le néant le plus total. S'attaquer à un dieu. Ce n'était peut-être qu'un blasphème proféré sous l'emprise de la drogue, tout comme la pièce grotesque qu'il déroulait sous l'oeil songeur de l'Oracle.
    La jeune femme se laissa fasciner par la voix d'outre-tombe qui lui chatouillait les oreilles et par les traces inhumaines que lui livraient Dante. C'était un démon, un fils d'Hylbireth, à n'en plus douter. D'ailleurs, dans l'atmosphère qui s'était installée dans l'alcôve, Opalyov ne parvenait plus à savoir si ce qu'elle percevait était du fait du démon ou s'il s'agissait d'une vision envoyée par les dieux.

    Cet homme était peut-être un favori des dieux. Rares étaient les implications des Dieux dans la vie d'un individu mais cela existait. Les légendes le racontaient. Des enfants sur lesquels se penchaient une divinité, suivant leur vie de très près, leur conférant leur bénédiction et parfois même l'accès à certaines reliques empruntes de leur magie divine perdues sur la Dimran. Toute légende a son fond de vérité et certaines reliques existaient réellement. Opalyov était bien placée pour le savoir. En revanche, il était bien trop tôt pour affirmer que Dante avait ce statut privilégié. Seules les épreuves et sa vie seraient susceptibles de le dire.

    l'Oracle contint son euphorie. Elle la cacha derrière son éternel masque distant que certains qualifiaient de mystique et d'autres de méprisant. Puisque Dante finissait sa tirade, c'était à son tour d'entrer en scène.

    ~ J'aspire à l'harmonie, au même titre que notre bien aimée Impératrice.

    Prononcer ces mots étaient comme avaler des épines de chardons, pourtant aucune souffrance n'apparut sur son visage lisse de toute émotion.

    ~ J'aspire à éradiquer un mal que vous ne connaissez pas et qui rongera notre monde jusqu'à sa perte si nous le laissons croître. Rien qui ne vous concerne, Dante, enfant d'Hylbireth, puisque vous ne reconnaissez pas la place de votre mère, ni de ses idéaux.

    L'Oracle portait un jugement sévère sur le démon, mais quel autre jugement un Oracle pouvait-il porter sur un hérétique blasphémant dans sa demeure ? Opalyov n'aurait sans doute pas dardé son regard pâle avec autant d'âpreté si elle avait croisé Dante dans l'enceinte du Sivora. Et si elle n'était nullement offusquée de son comportement, son rang lui interdisait de le montrer ouvertement.
    Il en allait de sa crédibilité.

    Elle marqua une pause dans son discours pour reprendre son souffle.

    ~ Mais si votre lame est en mesure de tuer un Dieu et que la perspective de vous mesurer à une telle puissance ne sont pas que des délires causés par l'opium, alors vous pouvez m'offrir mon rêve le plus cher. Tout comme je peux vous offrir la plus grande épopée que ce monde ait connu.

    Opalyov scruta alors la réaction du démon. Elle ne voulait surtout rien manquer de toutes les émotions qui passeraient à travers son visage. Il pouvait tout aussi bien se moquer d'elle que s'emporter en pensant qu'elle se moquait de lui ou bien accorder du crédit à ses paroles, se laisser emporter par son orgueil et croire qu'un tel miracle était possible. Et quelle que soit sa réaction, l'Oracle voulait la voir et sentir l'impact pouvait avoir les mots proférés de sa bouche sacrée.

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De sa bouche s'élève les paroles sacrées. Dans ses yeux se délivrent le message des cieux. Avec ses mains, elle leur rend leur bien. Me juge-t-elle digne de voir ses prodiges ?
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MessagePosté le: Ven 19 Déc - 02:26:25 (2014)    Sujet du message: Damnée frustration [pv Dante] Répondre en citant

Les ténèbres furent dissipées par l'éclat lunaire, ombres et chimères retournèrent dans l'abîme qui les avait vues naître. Dante était las, ses traits sans âge paraissaient fatigués mais son regard d'une rare intensité trahissait sa vieillesse. Le démon décela une pointe d'amertume dans la bouche de l'Oracle car ses sens étaient plus aiguisés que ceux des Hommes. Son air mélancolique était trompeur, Dante était un guerrier alerte, un seigneur méfiant, rompu à l'art du mensonge et à l'école de la trahison. On ne survivait pas dans son monde d'origine avec de la chance mais avec une grande vivacité d'esprit. Aussi laissa-t-il l'Oracle exprimer une opinion factice, façonnée par des années de flagellation intellectuelle, sacrifiant son amour propre dans un ultime effort d'abnégation à une seule fin, celle de remplir son rôle. Il voyait bien à son visage inexpressif que ce n'était pas la première fois qu'elle mentait avec une telle froideur, néanmoins les battements de son cœur était le reflet de son âme. Dans le silence cristallin du temple, la symphonie régulière jouée par son cœur se rompit l'espace d'un instant, assez pour fournir au démon une raison d'esquisser un maigre sourire. Ce n'est que lorsqu'elle aborda ses aspirations que le guerrier perdit son sourire narquois. Ce mal qui gangrenait Aldamrin, il le connaissait parfaitement bien. Pardembùrz murmura-t-il, Pardem le Sombre dans la langue des démons. Les grands sorciers des Cercles connaissaient suffisamment le dieu déchu pour n'invoquer son nom qu'avec parcimonie car bien que déchu, il n'en était pas moins d'essence divine.

Dante se remémora alors les heures passées dans la bibliothèque de la Tour d’Ébène et des souvenirs de Pardem l'assaillir. D'aucuns le qualifiaient de traître, exilé sur un autre plan où il ruminait sa défaite en attendant son heure de gloire, terré dans les confins de contrés infiniment plus terrifiantes que les Cercles eux-mêmes. Puis les mots de l'Oracle effleurèrent l'esprit du démon. Tuer un dieu. Dante resta impassible, il ne bougeait pas, comme si toute forme de vie avait quitté son corps. Son esprit fut brutalement jeté hors de son enveloppe charnelle et, en proie au délire ou guidé par les dieux, sa forme éthérée avança dans le Vide. Il sentait ses sens l'abandonner, sa vigueur s'estomper, sa vie était soufflée comme une maigre flamme que l'on peine à attiser. Mu par un instinct de survie phénoménal, le guerrier continua à avancer dans le Vide, poussé par des forces qui le dépassaient. Il pénétra dans la maison où le jour baisse puis un nouveau souffle gorgea ses poumons de lumière, ses muscles de vitalité. Il cligna des yeux, les murs avaient laissé place à une vaste plaine ondoyante, où les rayons du soleil faisaient briller l'herbe grasse. Face à lui une armée de lanciers, terrifiante forêt grise aux cimes d'argents, des guerriers Issker aussi féroces que redoutables. Un homme les menait au combat, un homme à la longue chevelure de neige, un homme aux traits inhumains. Peut-être était-ce un message divin, hypothèse ô combien honorable, ou simplement la mémoire de Dante qui superposait les estampes de Pardem qu'il avait longuement observé. Peu lui importait car dans son esprit, c'était un homme de chair, d'os et de sang. Il était effroyable dans son imposante armure aussi sombre qu'une nuit sans lune, des runes démoniaques veinaient l'acier extraordinaire du dieu déchu, son crâne était surmonté d'un effroyable casque en obsidienne, un heaume de terreur. Ses yeux étaient le reflet de la mort.

Dante était impavide, serein, en parfaite harmonie avec le monde. Son armure rutilante chatoyait de telle sorte qu'on eut crû l'acier forgé dans la même matière que les étoiles, de nombreux enchantements brillaient à la surface du métal, sa chevelure d'albâtre était ceinte d'une couronne de laurier d'argent. Dans son maintien assuré, son port altier et sa prestance noble, il rappelait les anciens rois triomphants de l'Histoire des Hommes. Il porta à sa bouche un objet d'une valeur inestimable, un olifant d'ivoire et perles, et souffla sans s'arrêter. Un grondement puissant fit trembler les cieux. Le guerrier parut grand et fier, toisant l'Ennemi dans l'absence de bruit qui suivit le terrible chant. L'engeance diabolique rompit le silence mortel :

- Ta quête touche à sa fin. Seule la mort t'attend. Tu es l'instrument des dieux, le jouet de cette femme, penses-tu tirer une quelconque gloire de tout ceci ? Ton nom disparaîtra, tes cendres seront dispersés. Tu n'es rien

La méditation du démon fut si intense qu'il ressentit les paroles de l'avatar de Pardem dans chaque parcelle de son être. Il pouvait sentir les océans, le moindre grain de sable qui s'écoulait dans le désert, les vagues qui se fracassaient contre les rochers, la sève monter dans les arbres, le sang descendre dans les hommes, que tous les éléments respectaient un équilibre dont il avait dorénavant la charge. Ses yeux céruléens scintillèrent comme si la lumière du Soleil filtrait à travers eux, sa colère sacrée grondait dans son torse, sa voix métallique s'éleva :

- Assez ! Nous sommes venus ici pour combattre, nul besoin de discussion.

Et il fondit sur son ennemi sans que la crainte ne vienne troubler sa concentration. L'acier chantant de Dante hurla contre les faux du dieu-démon. L'échange était d'une violence inouïe, les coups du dieu-démon créaient des bourrasques de vents qui soulevaient les hommes mais pas Dante, d'autres bras que les siens auraient été immédiatement brisés, sa nuque tranchée. Le guerrier lui tenait tête, menant une danse avec la mort. La terre se soulevait sous la brutalité de leur acier, les vents mugissaient dans une complainte sourde, le ciel déchaînait ses éclairs et sa foudre, l'univers entier semblait bouleversé. Dante riait à gorge déployée, jamais duel ne fut plus passionnant qu'en ce jour. Ils étaient inhumainement rapides, les coups étaient d'une fluidité dont l'extrême puissance n'était trahie que par les cratères qui se formaient au sol. Le vrombissement des armes avait arraché les tympans des soldats qui ne pouvaient s'empêcher d'admirer le duel, à la fois fascinés et médusés par cette fureur divine qui animait les deux guerriers. Les lèvres de Dante écumaient, ses dents grinçaient, une rage ancestrale dominait ses pulsions meurtrières. Lion cruel, le démon poussa un hurlement terrifiant avant de marteler son adversaire d'attaques dévastatrices. Les craquements assourdissants laissaient présager l'effondrement du monde. Les lames mortelles du dieu déchu mordirent la chair de Dante en réponse, passant à travers son armure d'acier elfique comme s'il s'était agi d'une tunique de cuir bon marché, et il sentit son âme lui être dérobée. Il recula vivement puis se ramassa sur lui même, relevant la tête pour présenter ses dents qui s'entrechoquaient ainsi que ses yeux déments dont l'éclat vif était celui de l'éternelle flamme ardente. Poussé par une fougue surhumaine, soumis à l'ire de la bataille et dominé par la bestialité des dieux de jadis, il hurla le hululement séculaire de sa race et, dans un mouvement qui parut irréel, il trancha net le poignet du dieu déchu, sans cesser de tournoyer pour venir sectionner son tendon d’Achille et le forcer à poser genou à terre. D'une seule traite, il enfonça sa lame de plusieurs coudes jusqu'à la garde dans la poitrine de son adversaire, faisant de son cœur le dernier fourreau de Chante-Guerre. Il laissa alors la dépouille empalée sur le sol, prêt à quitter le champ de bataille, lorsqu'une voix retentit :

- Répond moi maintenant ! De qui es-tu l'instrument ?

A l'instant où Dante se retourna, une solide poigne se referma sur son visage comme les serres d'un faucon le font sur sa proie. La froide morsure de la mort était oppressante, sans pitié, sans échappatoire. La chaleur quittait les membres du démon, sa volonté se brisait, son âme était dévorée. L'acier elfique noircit, irrémédiablement souillé par la puissance maléfique de Pardem, Chante-Guerre se lamenta et de sombres imprécations en émanèrent. Quelques instants suffirent à faire du fier guerrier un serviteur dévoué à l'Ennemi. Une fois la main de Pardem retirée, les yeux d'un bleu autrefois éclatant était vides et humides, c'était le regard d'un mort. L'homme à la chevelure blanche détacha sa légère armure, le métal terni tinta contre l'herbe roussie par les flammes. Le monde brûlait, la terre calcinée devint stérile, le malheur s'abattit sur les peuples libres d'Aldamrin. Toujours face au dieu-démon, entouré par les flammes, Dante s'exprima avec le flegme propre aux Ok'Enfuns :

- Je suis l’Émissaire du Seigneur Noir, le Fléau des Justes, la lame de désespoir dans votre main. Ils me craindront sous le nom de Courroux Divin.

Fidèle à son nouveau titre, Dante déversa sa colère diabolique sur le monde, chevauchant à travers les terres ravagées sous le commandement de son Maître unique, répandant cadavres et désolation pour sa gloire éternelle, sans cesse à la recherche d'un adversaire à sa valeur. La mort marchait dans ses pas, des éclairs jaillissaient de ses yeux, il était devenu celui qui muait l'espoir en désespoir, le courage en lâcheté. Une douleur lancinante perçait son cœur à chaque battement et une voix forte embruma ses pensées. «Non, ce n'est pas ce que j'ai vu. Ce destin, je n'en veux pas ... ». Il approcha alors sa main gantée de noir vers son front avant de s'apercevoir qu'il ne s'agissait pas d'un gantelet en acier mais de cuir, que son long manteau de cuir pourpre l'enveloppait, que la réalité avait repris ses droits. Il s'aperçut que son souffle était coupé, ses membres crispés, comme s'il allait défaillir. Mais le démon resta stoïque, imperturbable, seule la lueur de malice qui brillait à nouveau dans ses yeux pouvaient trahir son soudain regain sur son corps. Le mercenaire prit le temps d'articuler soigneusement ses mots, un court instant s'était écoulé mais tant d’événements avaient eu lieu dans son monde intérieur :

- Vos herbes … sont bien plus fortes que les nôtres assura-t-il dans un premier temps. Elles m'ont permis de voir l'avenir, un sourire féroce traversait son visage, différents avenirs à vrai dire. L'un où je défendais l'opprimé et le faible en abattant l'Ennemi, l'autre où je devenais sa plus puissante marionnette – un silence pesant s'installa. Hallucinations, magie, message divin, peu importe pourquoi je les ai vus, ce qui compte c'est qu'aucun de ces avenirs ne se réalisera.

Et il fit un pas en avant dans la direction de l'Oracle, il avait la carrure d'un colosse, une ombre incertaine couvrait son visage sans ternir l'éclat de ses yeux envoûtants. Une aura irrésistible, corruptrice, vicieuse, émanait de tous les pores de sa peau. Ses dents scintillaient dans le noir. Sa main avança doucement vers le visage de la femme qui se tenait face à lui. Une lenteur infernale, oppressante mais irrépressible. Ses doigts touchèrent ses joues, malgré son teint d'ivoire sa peau avait la chaleur de tout ce qui vit. Délicatement, décrivant des sillons habiles, ils s'approchèrent de ses yeux. Alors les lèvres pâles du démon se mouvèrent à nouveau :

- Ces yeux, je me demande jusqu'où ils peuvent voir. Peuvent-ils déceler la vérité qui se présente à eux ?

Sa main descendit de la même manière jusqu'à la gorge opaline de son interlocutrice, ses doigts se rétractèrent avec fermeté autour de sa chair sans la comprimer. La tension dans la pièce était à son paroxysme, au moindre mouvement brusque, il ne pourrait l'empêcher de crier ou de riposter quant à elle, elle ne pouvait pas non plus agir sans engendrer une situation délicate. Étrangement, Dante se sentait familié pour la première fois avec ce nouveau monde. Chez lui, la vie ressemblait à ça, une mise à l'épreuve constante de son droit d'exister, une réaffirmation permanente de sa volonté de vivre. Il poursuivit son monologue :

- Le corps des hommes est fragile, vois comme ta chair se déforme sous mes doigts. Leur esprit est vulnérable, quelques herbes suffisent à l'altérer. Leur volonté est faible, elle est balayée par le désespoir aussi facilement que le vent balaye les feuilles mortes. Et maintenant je partage ce destin commun avec eux, si ce n'est que mon âme n'est pas de ce monde. Peu importe l'impuissance de mon corps, mon esprit ou ma volonté, mon âme est avide de pouvoir. Je me forgerai un corps indestructible, mon esprit sera inébranlable et ma volonté plus tranchante que le meilleur des aciers. Le voici, mon avenir. Un avenir où il n'y a aucune place pour une quête chevaleresque, ni aucune pour servir un dieu qui n'en est plus un. Je ne serai pas le larbin d'une illuminée, pas plus que celui d'un perdant. J'irai conquérir les empires et je régnerai par la terreur tout comme j'ai régné autrefois ! Et lorsque j'en aurai assez de cette terre, je ferai s'écrouler les cieux et je rejoindrai le domaine des dieux pour en faire mon royaume !

Sa démesure ne connaissait aucune limite mais ces mots n'étaient pas lancés à la légère. Son désir de puissance, sa soif de connaissance, son avidité incommensurable, toutes ces pulsions étaient contenu dans l'âme immortelle de Dante, celle du dévoreur de monde. Ses doigts se décrochèrent de la chair rougie sans que ses prunelles n'esquissent un mouvement. La montagne de muscle et rage se dressait fièrement devant l'Oracle, il écarta alors les bras devant elle en lui présentant la paume de ses mains, de manière chaleureuse sans que la vile aura qu'il dégageait ne s'estompe :

- Je serai ravi de t'offrir ton rêve le plus cher, si tu es prêtes à en payer le prix.

Un sourire carnassier le défigurait.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:03:43 (2017)    Sujet du message: Damnée frustration [pv Dante]

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